mardi 3 mars 2015

Vikings sur la Loire, le retour !!!!

Au mois de juillet dernier, je vous parlais des incursions vikings sur la Loire jusqu'à Orléans et Saint Benoit sur Loire.

A cet endroit, s'élève la basilique que voici :

Essayons de trouver ce qui s'est passé.
Que sait-on ?
Dans les années 830, les Vikings abordent les côtes françaises et approchent de Nantes. La Loire leur tend les bras et ils s'y engouffrent en remontant son cours.
Ils arrivent à Tours 845. Il semblerait qu'ils pillent Blois et Orléans en 851.
Les vikings reviendront à Orléans le 18 août 856.

Björn Cotes de Fer à la tête de cette expédition ne s'arrête cependant pas à Orléans. Il remonte encore la Loire en direction de Saint Benoît sur Loire et sa basilique à l'époque en bois.

Vraiment ?
Il y a matière à s'interroger.

Dans l'histoire de la basilique de Saint Benoit sur Loire, on trouve en effet mention d'un chef normand ayant pillé et brûlé la basilique. Ce chef normand (de Nor et Man, signifiant Homme du Nord, et donc pour nous les vikings) est connu sous le nom de Rainaldus, ou Raynaldus.

On apprend qu'en l'an 924, un viking, chef de l'armée de la Loire remonte le fleuve et s'attaque à la rive gauche (pour le coup au nord). Il prend la direction de la Bourgogne à travers les terres.
Après avoir pillé une partie de la Bourgogne, ce viking repartait vers le nord mais se trouve confronté à une "coalition" des Comtes de Sens et de Dijon et des Évêques de Troyes.
Le combat eux lieu aux limites du Gâtinais à Chalmont. Il est dit que 800 vikings restèrent sur place, sous-entendu qu'il y furent trucidés ! en échange, les Vikings tuèrent le comte de Sens. Les vikings continuèrent leur marche vers le nord afin de se joindre à l'armée viking sur le Seine. Ne voyant rien venir et se voyant pris au piège, le chef vikings parvint à faire sortir sa troupe de son campement sans être vu et prit la direction des rives de la Loire à travers la forêt d'Orléans.

C'est peut-être lors de cette retraite que les vikings passèrent par l'abbaye de Saint Benoit sur Loire.
Le continuateur Aimoin raconte sans donner de date que les moines s'enfuirent à l'annonce de l'arrivée de ce chef viking. Il s’appelait Rögnvald.
Le souvenir de ce chef viking fût conservé longtemps dans les mémoires à St Benoit et son visage fût même gravé sur un mur de l'abbaye durant le Xème siècle.
Si vous visitez un jour cette abbaye, vous le trouverez sur le mur ouest du transept nord.
Ce visage est connu comme étant celui de Rainaldus dont on parlait plus haut.
Alors Rainaldus est-il Rögnvald ?

 

J'ai retrouvé 2 histoire concernant ce chef viking.
Les voici.



"À deux reprises, on nous montre saint Benoît intervenant en personne au cours d’un combat pour assurer la victoire à ceux qui se battent pour la protection de ses biens. La première fois, c’est au temps des invasions normandes. Les moines de Fleury, avertis de l’arrivée imminente des pirates normands, ont quitté le monastère, emmenant avec eux jusqu’à leur domaine de La Cour-Marigny, entassé sur des charriots, tout ce qu’ils pouvaient emporter. Mais les Normands, voyant dans le sol les ornières laissées par les lourds charriots, se lancent à leur poursuite. 
C’est alors qu’intervint Hugues l’Abbé qui passait par là à la tête d’une petite troupe.


Il arrivait près du monastère et apprit par les siens que les frères étaient poursuivis par les ennemis et seraient très bientôt pillés s’ils n’étaient pas délivrés par une intervention merveilleuse de Dieu. Ayant donc appris cela, il pesa le pour et le contre, car il n’avait avec lui qu’un tout petit nombre de soldats et il était inquiet et soucieux, se demandant comment il pourrait s’opposer à une telle multitude. Pourtant, sur les encouragements de Girbold, le très noble comte d’Auxerre, qui affirmait qu’aucun mal ne pourrait arriver à qui interviendrait contre l’armée des ennemis pour venir au secours de saint Benoît, il prit la décision d’engager le combat. Leur courage affermi par cette exhortation, et confiants en l’aide de cet excellent père, ils poursuivirent les ennemis sur leurs arrières, non loin du monastère. Un violent combat s’engagea avec grande ardeur, et ils firent furieusement un si grand carnage des ennemis que, sur une si grande multitude, c’est à peine s’il en resta un pour raconter à la postérité l’issue de la bataille. Après avoir obtenu cette victoire si désirée, le chef de guerre interrogea les siens, leur demandant si quelqu’un avait vu de ses yeux un moine d’aspect vénérable lui ouvrant le chemin au milieu de la multitude des ennemis. Ils lui répondirent n’avoir vu aucun moine dans ce combat. Lui alors leur dit : « Pendant tout ce combat, saint Benoît m’a protégé, tenant de sa main gauche les rênes de mon cheval, il me dirigeait et me protégeait, tandis que de sa main droite il tenait un bâton avec lequel il mit à mort beaucoup d’ennemis en les assommant ». Ainsi, grâce à l’intervention de notre père saint Benoît, les méchants reçurent leur châtiment et les innocents retrouvèrent la tranquillité, par la force du béni Fils de Dieu dont le nom demeure béni dans les siècles des siècles"

"À l’annonce de l’arrivée d’une troupe de Normands, les moines s’étaient, cette fois encore, enfuis, emportant avec eux tout ce qu’ils avaient pu entasser sur des charriots. Le chef de la troupe qu’Aimoin qualifie de roi, un certain Rainaldus, qui s’était installé dans le dortoir des frères, eut, pendant son sommeil, une vision de saint Benoît qui l’interpella en ces termes :
« En quoi t’ai-je offensé, Rainaldus, pour que tu viennes me troubler, moi et les miens, dans notre propre demeure ? Mais sache que désormais je prendrai soin et de t’arrêter dans tes projets et de rendre aux serviteurs du Christ, ainsi qu’à mes ossements, la paix dont ils ont besoin ». Ceci dit, il toucha la tête du roi encore endormi avec le bâton recourbé qu’il tenait en main, lui annonça la fin prochaine de sa vie et se retira.
Sans plus tarder, Rainaldus ordonna de décamper et de regagner le sol natal, mais à peine arrivé chez lui, il perdit la vie au cours d’une terrible tempête."

 Un peu avant l'abbaye de Saint Benoit sur Loire se trouve un oratoire.
Ce bâtiment est certainement l'un des plus anciens édifices religieux de France, sa construction remontant au IXème siècle.
Il s'agit de l'oratoire carolingien de Germiny des prés.


Le bâtiment est connu pour y abriter une fresque carolingienne représentant l'Arche d'Alliance avec environ 130000 morceaux de verre.

Le bâtiment tel que nous le voyons de nos jour est le résultat de nombreuses améliorations qui ont eut lieu au XVème, XVIème et XIXème siècle, mais le bâtiment premier ressemblait à ceci :

A l'extérieur du bâtiment se trouve une plaque avec une inscription intéressante : 
"Elle fût incendiée avant 854"
On l'a vu plus haut, les vikings arrivèrent dans la région d'Orléans en 851 et revinrent en 856 sous les ordres de Björn Côtes de Fer. 
Peut-être tient-on les coupables !!!

Hey, ça ferait un joli diorama ça non ?!


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire